Je sors et ça ne loupe pas... c'en est presque comique...!
Mardi soir dernier, je reprends un peu de vie sociale... hourra !!! Petit concert au Café de la Danse... avec chevalier servant et des amis... à priori un bon pare-feu contre les personnes en mal de médicaments, de psy, de confidences etc
Tout se déroule sous les meilleurs hospices... pas de fêlés... pas trop froid... petit repas japonais avant de remplir nos oreilles...
Il semblerait qu'on frôle la perfection...!! Hourra !!
Concert plutôt sympa !!! J'apprécie l'arrivée de la batterie dans la formation... le son est plus chaleureux, plus chaud, plus rond... bref... je passe un bon moment... et je suis plutôt contente de mon retour à la vie sociale... Youpiii !! Je sais encore comment faire... Hourra !!!
Après le concert, p'tite clope (ouai je sais c'est mal et tout... haro sur moi et tout... le tabac tue, c'est cher, ça pollue... ça va j'oublie rien... ah si le tabagisme passif... hum... là dans ce cas de figure... non...)
Bref... c'est le moment, de reprenne le fil de la conversation laissé en suspend par le concert... c'est chouette, la vie sociale, papoter avec ses potes et tout... hiiiiii...
Avec A-L, on s'était quelque peu éloigné pour discutailler non pas du concert (ça c'était fait... hum... oui... très beau... très bien... j'aime beaucoup... sympa la batterie... à l'Institut Suédois oui c'était bien aussi... mais je préfère avec batterie mais la p'tite salle de l'Institut... bla bla bla bla...). On a laissé les autres continuer plus sérieusement à débriefer musique, en passant par le concert, les musiciens, les labels, la chanteuse et tout un tas de trucs... et on était à nos petites affaires, nos sujets fétiches qui je le pense n'intéressent que nous...
Quand soudain un grand gaillard coiffé d'un chapeau melon nous interrompt brutalement... en plein milieu d'une phrase comme si ils nous connaissaient... un peu comme se le permettent les potes qu'on a perdu dans une soirée et qu'on attend, pauvret, dans le froid... généralement on perd ses gens quand la température est résolument en dessous de zéro... qu'on ne rêve que de se précipiter dans un café... et qu'on a l'air bien stupide, les mains gelées, le nez rouge, à sautiller sur place, comme pris d'une envie pressante...
Donc revenons à notre grand gaillard au chapeau melon... il nous interrompt comme si de rien était... et nous sert une belle flopée de mensonges... avec en introduction la fameuse question : "Avez vous aimé le spectacle?"
Risquait pas de se planter, on est planté devant le Café de la Danse et vu l'heure ça ne peut être que la sortie... ha ha ha... et si on est encore là c'est que à priori vu notre calme olympien on a plutôt apprécié et on n'attend pas le chanteur pour lui défoncer le crâne (si si si ça peut arriver personne n'est à l'abris d'un public vindicatif !!!)...
Laconiques on répond du bout des lèvres un oui fort peu engageant... mais qui ne semble en aucun cas l'atteindre... damned...!
S'en suit la fameuse tirade mensongère comme quoi il a passé le spectacle à nous regarder toutes les deux... ben tiens... ça se précise...!! Je lui dis tout sourire que c'est bien gentil tout ça mais fortement impossible puisque nous n'étions pas ensemble... ha ha ha...
Loin de se démonter, et toujours en ponctuant ses phrases d'appui ou de petites tapes "amicales" sur mon épaule... à noter que je déteste tout contact physique même minimaliste de la part d'inconnu... (Non mais des fois on n'a pas élever les cochons ensemble)... mais je me retiens d'avoir un geste brutale, et j'essaie sans succès de mettre un peu de distance entre chapeau melon et moi... hum...
Si j'ai bien appris un truc avec le temps... et mes rencontres impromptues avec les fous... c'est à ne pas avoir de réactions brusques ou violentes même si l'envie me tenaille... ce serait agiter avec force et vigueur un bout de tissu rouge face à un taureau... il est des réflexes pavloviens qu'il ne vaut mieux pas déclencher...!! Donc loin de se démonter, il enchaîne direct sur le nerf de la guerre... la blondeur sublimissime de A-L... ;)
Et de son envie de lui parler... vu la tête que fait A-L je doute qu'elle a envie, là, tout de suite, de rentrer en discussion avec le dit personnage... et encore moins, quand il explique clairement dans un grand éclat de rire tonitruant qu'elle pourrait être la femme de sa vie...!!! Et ben, là mazette, on n'est pas rendu...
Je garde donc mon petit air entendu et de grande écoute (je sais c'est moche, mais que faire d'autre... partir subitement en courant... hurler à la mort?? simuler une crise d'épilepsie?), et je finis par glisser que c'était peut être un signe tout ça... cette appréhension de parler à la blonde scrupturale... qu'il ne faut pas surtout pas y aller, briser la magie de cette lumineuse rencontre... et s'exposer au tragique du rejet... qui s'est bien connu vous fait sentir comme la dernière des merdes et vous expose à mille et un dangers mentaux... allant jusqu'au désespoir le plus noir, vous forçons littéralement à vous jeter dans la Seine, ou d'un toit d'immeuble si le fleuve est trop loin...
Alors autant garder cette mirifique vision pour soi l'emporter dans les tréfonds de son âme et la garder secrète....
Face à tant de verve Chapeau melon entre 2 ou 3 frappes discrètes sur ma pauvre épaule (notez que je me retiens toujours de ne pas me transformer en Marcel Serdan et reste stoïquement un lady), une cascade de rire ébouriffant, a fini par conclure que ce n'était pas faux tout ça... et repartir nonchalamment rue de charonne... où l'attendait son atelier d'artiste-peintre et dans sa tête, précieusement, sa muse blonde...
Et nous de continuer notre petite discussion... sidérées par la folie des uns... parce que bien sûr, il va de soi que je vous ai épargné les fioritures burlesques de cette conversation sans queue ni tête...
Mais il faut juste souligner que ma tirade délirante a tout de même fait battre en retraite le dandy aux pinceaux... et qu'ainsi l'espace d'un bref instant j'accédais au rang des philosophes...
Enfin... bref... je parle le disjoncté et je ne sais pas vraiment si ça ferait très classe dans mon CV...

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